Portrait d’Anne-Marie Naville

Anne-Marie Naville vient de quitter, après dix-huit ans d’activité, son poste au comité d’ASED mais elle admet n’en avoir pas fini avec l’Association genevoise. Militante convaincue, elle a encore quelques belles actions en vue, d’ici la célébration des 30 ans d’ASED.

Tout a commencé en 2000 quand ses amis Maryam et Jean-Luc Nicollier lui parlent de leur jeune association à but humanitaire. Sans une hésitation, elle décide de participer à l’aventure. « A l’époque, les projets étaient moins nombreux et moins importants ». Un des premiers est l’achat des uniformes des filles d’une école en Inde, pour que celles-ci puissent fréquenter leur établissement scolaire. A l’ASED, on connaît alors personnellement ces jeunes filles, une par une: « J’ai été séduite par la dimension personnalisée des projets, dit-elle, et l’impression immédiate de participer à quelque chose d’humain et de très bien maîtrisé ».

Elle se rend par la suite sur le terrain, en Albanie et en Roumanie, mais c’est au sein du comité qu’elle se sent la plus utile. Avec ses collègues, elle participe activement à l’élaboration d’une réflexion collective pour faire perdurer l’Association et mener à bien l’objectif premier : venir en aide à l’enfance démunie.

Professeur de dessin au Cycle d’Orientation, devenue par la suite doyenne du collège Bois-Caran à Collonge-Bellerive, Anne-Marie Naville dit avoir le goût de l’organisation, malgré sa formation artistique ! Ce talent, elle a l’opportunité de l’exprimer tout au long de son engagement: « Au début on s’occupait de tout de A à Z: aussi bien de la gestion des projets que de l’administration. Nous étions tous des bénévoles ». A l’époque, chacun cherche des fonds auprès des amis ou connaissances susceptibles de venir en aide à l’ASED: « l’esprit était familial ».

Après une dizaine d’années, plusieurs changements interviennent au sein de l’Association. Une, puis deux et enfin une troisième personne sont engagées, en charge de préparer des projets, de suivre le terrain, de trouver des fonds et du volet administratif également. Avec l’arrivée de Patrick Nicollier, jeune et brillant, actuel Président d’ASED, celle-ci acquiert progressivement une structure plus professionnelle: les projets prennent de l’envergure et se multiplient, le suivi financier se fait plus pointu, la comptabilité est mieux maîtrisée. Le statut d’organisation d’intérêt public de l’Association est reconnu et le label de qualité de la Fondation Zewo est obtenu.

De son expérience, elle retient les rencontres stimulantes qu’elle a eues avec les différents collaborateurs: « un vrai cadeau ». Elle évoque le temps passé à s’interroger sur les modalités d’une action ou sur le montage financier d’un projet : « nous avons su orienter notre action en fonction des besoins des bénéficiaires pris dans leur contexte et donner à chaque projet un encadrement local, de sorte à pérenniser notre action, même après le retrait d’ASED ».

A son actif, il y a aussi ce formidable coup de pub dont elle est l’instigatrice : inscrire le logo d’ASED avec un message publicitaire sur les camions industriels Serbeco, qui, il y a une dizaine d’années, tournaient à Genève; un legs important aussi pour l’ASED, décroché par l’intermédiaire d’un ami, qu’elle remercie encore aujourd’hui pour son soutien. Mais aucune nostalgie dans la voix de cette battante, à l’évocation du passé. Elle est au contraire déterminée à redynamiser les anciens du comité pour développer des idées d’action, dans la perspective du 30e anniversaire d’ASED.

Les yeux illuminés, Anne-Marie Naville conclut: « Mes partenaires dans cette aventure étaient des purs et le sont restés. J’ai eu beaucoup de chance de les avoir rencontrés ! » A.H.