Journée internationale des droits de l’enfant

La  Journée des droits de l’enfant, célébrée le 20 novembre, rappelle chaque année la condition tragique de millions d’enfants, selon l’Unicef, privés de leurs droits fondamentaux : droit à la vie, à l’eau potable, à la nourriture, à la santé ou à l’éducation. Un fléau imputable principalement à la pauvreté extrême de certaines régions du globe ou aux guerres qui déciment des populations entières.

 

Clarita Martinet, directrice d’ASED sollicitée sur la question des droits de l’enfant insiste sur l’importance du droit à l’éducation. Selon elle, l’éducation est une clé primordiale pour sortir du cercle vicieux de la misère et de l’exclusion. Qui plus est, donner l’accès à l’éducation change la donne, autant sur le plan du développement personnel que du développement économique d’une région.

 

Elle souligne que l’action d’ASED se concentre sur un objectif : donner aux plus défavorisés l’accès à une éducation, certes, mais de qualité. Précision capitale pour la directrice d’ASED. Celle-ci donne l’exemple de l’Inde, pays où l’association genevoise développe des projets éducatifs, en partenariat avec des acteurs locaux, depuis 27 ans: « les indiens revendiquent un taux d’alphabétisation, qui suite à une politique de scolarisation intensive, atteindrait aujourd’hui 94% ». Et pourtant, on constate qu’un grand nombre d’adolescents qui sortent de l’école publique en Inde ne savent ni lire ni écrire. Les raisons de ce phénomène sont à chercher dans le manque d’investissements : structures scolaires inexistantes ou trop éloignées dans les zones rurales, piètre qualité des aménagements scolaires que l’Etat n’a pas les moyens ou la volonté de rénover, absentéisme de professeurs, peu payés. Il faut aussi tenir compte de la discrimination entre filles et garçons, encore très répandue, et aussi de la résistance des parents à envoyer leurs enfants à l’école, que beaucoup d’entre eux quittent à 11 ans, terme de l’enseignement obligatoire, pour aller aider leurs parents à gagner de quoi subvenir aux besoins de la famille.  « Le fossé entre le système scolaire public (gratuit) et privé (payant) est énorme », soulève Clarita Martinet.

 

Heureusement il existe de nombreuses initiatives privées proposant aux plus défavorisés une éducation gratuite ou à faible coût, dont certaines sont exceptionnelles de par leur approche et leur qualité. A l’appui de ce constat: l’école de PYDS[1] soutenue par ASED, située à Dehradun, dans un milieu rural au nord du pays. Créée il y a 15 ans par M. Swamy, économiste à la retraite, l’école est organisée sur le modèle et le programme académique d’une école privée: professeurs compétents, niveau exigeant, enseignement élargi à des branches artistiques et culturelles. Les enfants, dont la majorité des parents sont illettrés, sont pris en charge à 100% et sont insérés dans un cursus scolaire complet, qui leur permet d’accéder aux filières universitaires, s’ils le souhaitent, ou bifurquer sur une formation professionnelle de leur choix. Les chiffres donnent un taux de réussite très élevé, tant chez les filles que chez les garçons.

 

Un projet similaire, soutenu par ASED, a vu le jour dans à Kandi, le nord du Bénin, une région particulièrement défavorisée. Grâce à l’initiative de Théodore Soumé, président de l’association locale Fondation Vie pour Tous[2], une école visant l’excellence a été réalisée en 2010. Celle-ci accueille les enfants des villages environnants, sans exception. Le mot d’ordre de l’Ecole est que chaque élève a le droit d’aller aussi loin qu’il le peut ou le souhaite. Là aussi, un cursus scolaire complet, du primaire jusqu’au Bac, permet à chacun d’accéder à l’enseignement supérieur ou d’opter pour une formation technique ou professionnelle. Les résultats de cette expérience ont des retombées au-delà des attentes: des enfants qui sont en mesure de se construire un avenir, d’améliorer le sort de leur région.

 

Une nouvelle réjouissante en cette journée du 20 novembre: de par ses résultats l’école de Théodore Soumé a aujourd’hui une renommée nationale. La protection des droits de l’enfant n’est donc pas un vain mot ! A.H.

 

[1] Purkal Youth Development Society http://www.purkal.org/

[2] Fondation Vie pour Tous http://fondation-viepourtous.org/activites/