12 juin 2018 – Célébration de la lutte contre le travail des enfants

ASED travaille à divers projets, dans le monde, qui ont pour but l’éducation, la formation professionnelle et l’insertion sociale. Sa mission principale est l’accès à l’éducation des enfants et des adolescents défavorisés pour donner aux générations futures les moyens de se prendre en charge de manière durable. Au Burkina-Faso, c’est souvent dans le cadre d’un travail inadapté (servantes en famille ou serveuses de bar) que des jeunes filles de 14 à 18 ans venues tenter leur chance en ville se font abuser et sont victimes de grossesses précoces. Cette situation les met en danger : elles et leurs enfants se retrouvent à la rue sans ressources et sont victimes d’un rejet social.

ASED en partenariat avec l’association Cherenfant de Banfora leur permet de retrouver la voie de l’intégration sociale en les accompagnant et en leur donnant accès à une formation qualifiante de 3 ans en couture. C’est grâce à cette aide que chaque année une dizaine de filles et leurs enfants sortent de la misère et du désespoir.

 

La Journée mondiale de mobilisation contre le travail des enfants s’inscrit cette année dans le cadre de la campagne Génération Sécurité & Santé, lancée par l’Organisation du travail (OIT), le 28 avril dernier, à l’occasion de la Journée de la sécurité et de la santé au travail. Cette célébration globale a pour but de promouvoir l’application des conventions clés de l’OIT relatives à la sécurité et à la santé au travail et celles concernant le travail des enfants, en particulier.

« Travail dangereux »
On estime aujourd’hui à quelque 152 millions le nombre d’enfants (de 5 à 17 ans) qui travaillent dans le monde, dont 73 millions affectés à des travaux répertoriés comme dangereux. Cette qualification est définie dans la Convention 182 du Droit du travail, comme « la pire des formes (niveau 4) du travail des enfants ».
Le travail dangereux est caractérisé par l’absence de normes sanitaires et de sécurité dans l’exercice d’une tâche, associée, le plus souvent, à un manque de formation professionnelle préalable. Il touche les domaines les plus divers: l’agriculture, les mines, la construction, l’industrie manufacturière et autres.

Accélérer la lutte
Pour les autorités compétentes, il est urgent d’accélérer le rythme de la lutte contre le travail des enfants, soumise à trop d’aléas, comme les crises qui fragilisent les économie locales, les phénomènes climatiques ou les confits. Autant de facteurs qui ralentissent la dynamique engagée depuis plus de 20 ans. Grâce aux mesures du programme IPEC, sous l’égide de l’OIT, soutenu par un réseau d’acteurs locaux, aussi bien des organisations d’employeurs et de travailleurs, de représentants gouvernementaux que des organisations communautaires ou des ONG, le travail des enfants a diminué de plus d’un tiers depuis l’année 2000.
Mais la pauvreté endémique reste l’obstacle majeur au recul de ce fléau. Un enfant qui travaille pour subvenir aux besoins de la famille est soustrait à l’école. Dans les zones très défavorisées, souvent privées d’infrastructures scolaires pour les enfants et de filières professionnelles pour les jeunes, le taux de scolarisation est très faible et aléatoire. Selon l’UNICEF, un enfant même scolarisé n’est pas sûr de terminer son cycle primaire, seul un sur trois dans le monde y parvient. L’OIT, pour sa part, confirme que la situation des jeunes de 5 à 11 ans, les plus nombreux à effectuer des travaux dangereux, a cessé de s’améliorer depuis 2012, suite au ralentissement de l’économie mondiale.

Créer de nouvelles perspectives
La campagne Génération Sécurité & Santé réaffirme les mesures fondamentales du Droit. Dans sa déclaration, il est stipulé que chaque enfant doit être retiré de toutes les formes de travail, tant qu’il n’a pas atteint l’âge légal de18 ans. Un accès à l’éducation doit lui être garanti. Tout enfant a aussi le droit à recevoir une formation professionnelle et peut refuser de participer à un travail dangereux.
La proposition est avancée qu’une autorité nationale sur la base d’un contrat tripartite autorise un enfant de 16 ans à effectuer un emploi répertorié comme dangereux, à condition que sa santé, physique et morale ne soient pas menacée. Il est de son droit de recevoir une formation professionnelle adéquate et de disposer d’un équipement de protection réglementé.
Des dispositions similaires sont envisagées pour les jeune travailleurs de 18 à 24 ans. Le recours à cette main d’œuvre pour une activité dite dangereuse, bien qu’autorisé, doit à l’avenir être subordonné à une gestion des risques, à une supervision et à une formation rigoureuse.
Le but ultime de la campagne Génération Sécurité & Santé : l’éradication du travail des enfants, « dans toutes ses formes » d’ici 2025, de même que les objectifs relatifs à la sécurité sur le lieu de travail et à la protection de tous les travailleurs pour développer une culture de prévention doivent être atteints d’ici 2030. A.H.